Quand le désir baisse dans le couple, la question surgit vite : « Qu’est-ce qui ne va plus ? » Et, presque aussitôt, la recherche de solutions commence. Pourtant, en pratique clinique, on observe autre chose : le désir est rarement le point de départ du problème. Il en est souvent le révélateur. Cet article ne vise pas à expliquer comment « retrouver le désir », mais à éclairer pourquoi il se met parfois en retrait et ce que cela dit de la relation.
Le désir comme signal, pas comme défaut
Le désir sexuel n’est pas un bouton que l’on active ou désactive à volonté. Il réagit à un ensemble de facteurs relationnels, émotionnels et contextuels. Lorsqu’il baisse, il indique souvent que quelque chose ne circule plus librement dans le lien. Chercher à le stimuler sans regarder le contexte revient à traiter un symptôme sans écouter le message qu’il porte.
Ce que le désir « encaisse » à la place du couple
Dans de nombreux couples, le désir devient l’endroit où s’expriment indirectement :
– la fatigue émotionnelle
– les tensions non verbalisées
– un déséquilibre dans l’engagement ou la charge mentale
– un sentiment de pression, d’obligation ou d’insécurité
Le corps, parfois, se met en retrait là où la parole n’a pas trouvé sa place.
Pourquoi se focaliser sur la sexualité peut renforcer le blocage
Lorsque toute l’attention se porte sur la sexualité — fréquence, envie, performance — la pression augmente. Le désir, qui a besoin de sécurité et de liberté, se retrouve observé, évalué, parfois même surveillé. Ce climat peut accentuer l’évitement, la culpabilité ou la distance émotionnelle, sans résoudre ce qui se joue en profondeur.
Quand le vrai enjeu est relationnel
Très souvent, la baisse de désir interroge moins la sexualité que :
– la qualité du lien
– la capacité à se sentir entendu·e et reconnu·e
– la place de chacun·e dans la relation
– la sécurité affective
Tant que ces dimensions ne sont pas explorées, le désir reste sous tension.
Pourquoi il est difficile de faire ce travail seul·e
Dans le couple, chacun·e est impliqué·e émotionnellement. Les interprétations se croisent, les attentes s’entrechoquent, et les discussions finissent souvent par tourner en boucle. Un cadre extérieur permet de déplacer le regard, de sortir des rôles figés et d’aborder ces questions sans chercher à convaincre ou à se défendre.
Quand le désir baisse, il est tentant de vouloir le faire revenir au plus vite. Mais, bien souvent, le désir n’est pas le vrai problème. Il est le signal qu’un ajustement relationnel est nécessaire.
Si cette situation devient source de tension, de tristesse ou de distance, un accompagnement en sexothérapie ou en thérapie de couple peut offrir un espace professionnel, confidentiel et respectueux pour comprendre ce qui se joue au-delà de la sexualité.
Où trouver de l’aide ?
Marina Wallet est sexothérapeute et thérapeute de couple à Thiant, entre Valenciennes et Denain. Elle accompagne les personnes et les couples, quels que soient leur genre ou leur orientation, avec une approche humaine, confidentielle et engagée. Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation thérapeutique personnalisée.
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Sources
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Johnson, S. (2019). Attachment theory in practice. Guilford Press.