Baisse de désir dans le couple : pourquoi en parler ne suffit pas

Publié le 28 janvier 2026 à 13:15

Baisse de désir dans le couple : pourquoi en parler ne suffit pas

Quand le désir baisse dans le couple, le premier réflexe est souvent de se dire qu’il faut en parler. Mettre des mots, expliquer, rassurer, se promettre de faire des efforts. Et pourtant, beaucoup de couples font cette expérience déroutante : ils parlent… mais rien ne change vraimentSi vous êtes dans cette situation, ce n’est ni un manque de bonne volonté, ni un défaut de communication. C’est souvent le signe que le problème ne se situe pas là où on le cherche.

Parler, expliquer, rassurer… et tourner en rond

Dans de nombreux couples, les discussions autour du désir prennent toujours la même forme. L’un exprime un manque, une frustration ou une inquiétude. L’autre tente de se justifier, de rassurer ou de promettre que « ça va revenir ». Ces échanges peuvent être calmes, sincères, parfois même bienveillants. Mais ils laissent souvent un goût amer : celui d’avoir parlé sans être vraiment entendu·e, compris·e ou soulagé·e. Avec le temps, ces conversations deviennent pesantes. Elles finissent par être évitées, ou au contraire réapparaissent sous forme de reproches, de silences ou de tensions diffuses.

Pourquoi la communication ne suffit pas toujours

On répète souvent que la communication est la clé du couple. C’est vrai… mais incomplet. Parler du désir sans cadre sécurisé revient parfois à rejouer la même scène, avec les mêmes rôles :

– l’un demande ou attend

– l’autre se sent sous pression ou en faute – chacun repart avec ses interprétations

Le désir, lui, n’émerge pas dans un climat de justification ou d’obligation. Lorsqu’il est abordé uniquement par la parole rationnelle, il peut même se mettre davantage à distance. Ce n’est pas que les mots sont inutiles. C’est que certains sujets touchent à l’intime, à l’estime de soi et à la sécurité affective, et qu’ils demandent plus qu’une discussion entre deux partenaires pris dans la relation.

Quand parler du désir devient source de tension

À force de tenter de « régler le problème », la sexualité peut devenir un terrain sensible. Chaque rapprochement est interprété. Chaque refus est vécu comme un rejet. Chaque silence devient suspect. Peu à peu, le désir cesse d’être un espace de rencontre. Il devient un indicateur de réussite ou d’échec du couple. Dans ce contexte, continuer à en parler sans changer de cadre revient souvent à renforcer ce qui bloque déjà.

Ce qui manque souvent : un espace tiers

Ce qui fait défaut, ce n’est pas la volonté de comprendre, mais un espace où le désir peut être abordé sans pression, sans justification et sans enjeu immédiatUn cadre extérieur permet de sortir des rôles figés, d’entendre ce qui se joue sous les mots, et de redonner au désir une place plus juste. Il ne s’agit pas de convaincre, ni de trancher qui a raison, mais de comprendre la dynamique relationnelle dans laquelle le désir s’est mis en retrait. Ce travail est difficile à mener seul·e, précisément parce que chacun·e est impliqué·e émotionnellement.

Et si le problème n’était pas le désir ?

Lorsque parler ne suffit plus, c’est souvent que la baisse de désir est le symptôme visible d’autre chose : un déséquilibre, une fatigue émotionnelle, une distance installée progressivement. Chercher à « faire revenir » le désir sans regarder ce contexte revient à traiter la conséquence sans explorer ce qui l’a produite.

Parler du désir est important. Mais ce n’est pas toujours suffisant. Quand les discussions tournent en boucle, que la frustration s’installe ou que le silence prend le relais, il peut être utile de ne plus rester seul·e face à ces questions. La sexothérapie et la thérapie de couple offrent un cadre professionnel, confidentiel et respectueux pour explorer ces situations autrement que dans l’urgence ou la pression.

Lire aussi : Baisse de désir dans le couple : quand le désir baisse, que faire vraiment ?

 

Où trouver de l’aide ?

Marina Wallet est sexothérapeute et thérapeute de couple à Thiant, entre Valenciennes et Denain. Elle accompagne les personnes et les couples, quels que soient leur genre ou leur orientation, avec une approche humaine, confidentielle et engagée. Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation thérapeutique personnalisée.

En savoir plus sur mon accompagnement en sexothérapie et thérapie de couple

 

 

Sources :

Basson, R. (2000). The female sexual response: A different model. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(1), 51–65.

Basson, R. (2001). Using a different model for female sexual response. Journal of Sex & Marital Therapy, 27(1), 33–43.

Bancroft, J., & Janssen, E. (2000). The dual control model of sexual response. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 24(5), 571–579.

Levine, S. B. (2003). The nature of sexual desire. Journal of Sex & Marital Therapy, 29(3), 171–181.

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). Intrinsic and extrinsic motivations. American Psychologist, 55(1), 68–78.

Johnson, S. (2019). Attachment theory in practice. Guilford Press.