« Je sais que je ne suis plus heureux·se… mais je n'arrive pas à partir. »
C'est une phrase que l'on entend plus souvent qu'on ne l'imagine. Parfois, la souffrance n'arrive pas sous la forme d'une grande crise. Il n'y a pas forcément de tromperie, de violence ou de disputes quotidiennes. Parfois, tout semble fonctionner de l'extérieur : le couple existe encore, les habitudes sont là, les enfants aussi, les projets continuent d'avancer. Et pourtant, quelque chose s'est éteint : on se sent seul·e à deux, on ne se sent plus vraiment compris·e. Les échanges deviennent superficiels ou tendus, l'intimité disparaît peu à peu, le désir aussi. Alors une question commence à s'installer discrètement : « Pourquoi est-ce que je reste ? » Et très souvent, cette question s'accompagne d'une autre : « Qu'est-ce qui m'empêche de partir ? ». Si vous vous reconnaissez dans ces interrogations, sachez une chose : rester dans une relation qui fait souffrir n'est pas forcément un signe de faiblesse ou d'incohérence. Bien souvent, il se joue quelque chose de beaucoup plus complexe.
Vous vous posez cette question depuis des semaines, des mois, parfois des années ? Il n'est pas toujours simple d'y répondre seul·e.
Comprendre ce qui se joue vraiment
Lorsqu'une relation devient douloureuse, beaucoup de personnes pensent qu'elles devraient être capables de prendre une décision rapidement, comme si le fait de souffrir devait automatiquement conduire à partir. Dans la réalité, les choses sont rarement aussi simples, car une relation n'est pas seulement une histoire d'amour. C'est aussi une histoire d'attachement. Nous ne restons pas uniquement avec quelqu'un parce que nous l'aimons. Nous restons aussi parce que nous avons construit une vie, des souvenirs, des habitudes, des repères et parfois même une partie de notre identité autour de cette relation. Certaines personnes restent parce qu'elles espèrent encore retrouver celui ou celle qu'elles ont connu au début, d'autres restent parce qu'elles se souviennent des moments heureux et refusent de croire que l'histoire est peut-être en train de changer, et d'autres encore restent parce qu'elles ont peur. Peur de faire souffrir, de regretter, de se tromper, de la solitude, de recommencer à zéro. Ces peurs sont profondément humaines. Elles ne signifient pas que la relation est forcément bonne pour vous. Elles signifient simplement que quitter quelqu'un n'est jamais une décision purement rationnelle. Dans certains couples, la situation devient encore plus complexe lorsque les périodes de souffrance alternent avec des moments de rapprochement : après plusieurs semaines de distance, une soirée agréable survient, après un conflit, un moment de tendresse réapparaît, ou après avoir envisagé la séparation, un week-end se passe mieux. Et l'espoir revient. On se dit alors que tout peut encore s'arranger, que ce n'était peut-être qu'une mauvaise passe, que l'on n'a peut-être pas encore tout essayé.
Quand l'amour existe encore mais ne suffit plus
C'est probablement l'une des situations les plus douloureuses. Contrairement à ce que l'on imagine souvent, certaines personnes restent dans une relation qui les fait souffrir parce qu'elles aiment encore leur partenaire. C'est précisément ce qui rend les choses si difficiles. Il arrive qu'un couple continue à s'aimer sincèrement tout en ne parvenant plus à se rencontrer. Les besoins évoluent, les blessures s'accumulent, les frustrations s'installent, les incompréhensions deviennent chroniques. Parfois, les partenaires parlent la même langue mais ne se comprennent plus. L'amour est toujours là, mais il ne parvient plus à compenser tout le reste. Cette réalité est souvent déroutante car nous avons grandi avec l'idée que l'amour devrait suffire. Or, dans la vie réelle, un couple a également besoin de sécurité émotionnelle, de communication, de reconnaissance, de complicité et d'une capacité à traverser les difficultés ensemble. Lorsque ces éléments disparaissent durablement, la souffrance peut s'installer même lorsque l'attachement demeure.
Les conséquences d'une souffrance qui s'installe
Rester dans une relation qui fait souffrir n'a pas les mêmes conséquences pour tout le monde. Certaines personnes deviennent progressivement tristes sans comprendre pourquoi, d'autres se sentent irritables en permanence. Certaines perdent confiance en elles, d'autres finissent par douter de leurs ressentis. Avec le temps, beaucoup décrivent une forme d'usure intérieure, comme si elles vivaient en permanence avec un bruit de fond émotionnel. Quelque chose ne va pas, mais rien n'est suffisamment visible pour justifier une décision radicale. Cette tension permanente peut également avoir des répercussions sur la sexualité : le désir diminue, les rapports deviennent plus rares, l'intimité paraît mécanique ou évitée. Parfois, les difficultés sexuelles deviennent même le premier signal visible d'un mal-être relationnel plus profond. Le corps exprime alors ce que les mots n'arrivent plus à dire. Ce n'est pas systématique, mais c'est une réalité que l'on rencontre fréquemment dans l'accompagnement des couples et des personnes en souffrance relationnelle.
Vous avez l'impression de tourner en rond dans les mêmes questions ? Parler de ce que vous vivez peut parfois permettre d'y voir plus clair.
Pourquoi il est parfois difficile d'en sortir seul·e
Lorsque l'on est au cœur d'une situation, il est souvent difficile d'avoir du recul. On oscille entre deux certitudes contradictoires : un jour, partir semble évident, le lendemain, cela paraît impensable. On analyse, on rumine, on compare, on interroge ses proches, on cherche des réponses sur Internet. Puis on revient au point de départ. Non pas parce qu'on manque de volonté, mais parce que certaines décisions touchent à des dimensions extrêmement profondes de notre histoire personnelle, nos modèles familiaux, nos peurs d'abandon, notre rapport à la solitude, notre estime de nous-mêmes, nos croyances sur l'amour, nos expériences passées. Toutes ces dimensions peuvent influencer nos choix sans que nous en ayons pleinement conscience. C'est aussi pour cette raison que les conseils des proches, même bien intentionnés, ne suffisent pas toujours. Car personne ne vit exactement ce que vous vivez.
Comment un accompagnement peut aider
Consulter ne signifie pas forcément vouloir sauver son couple. Cela ne signifie pas non plus vouloir le quitter. Parfois, la première étape consiste simplement à comprendre ce qui fait souffrir, ce qui maintient la relation, ce qui empêche de prendre une décision sereinement. En consultation, il est possible d'explorer ce qui se joue dans la relation actuelle mais aussi dans votre histoire personnelle. Nous pouvons travailler sur les schémas relationnels qui se répètent, les besoins qui ne sont plus entendus, les blessures qui s'activent dans le couple ou encore les difficultés liées à l'intimité et à la sexualité. Lorsque les deux partenaires sont impliqués, la thérapie de couple permet également d'observer les mécanismes relationnels qui entretiennent la souffrance et d'ouvrir de nouveaux espaces de dialogue. L'objectif n'est pas de dire aux personnes ce qu'elles doivent faire mais de leur permettre de voir plus clair, et, parfois, retrouver de la clarté change déjà beaucoup de choses.
Retrouver le droit de se poser les bonnes questions
Il n'existe pas de durée idéale avant de partir ni de règle universelle qui permettrait de savoir immédiatement quoi faire. Mais lorsque la souffrance devient une présence régulière dans la relation, il peut être précieux de ne pas rester seul·e avec ses interrogations. Prendre le temps d'explorer ce qui se passe ne signifie pas que votre couple est condamné. Cela signifie simplement que ce que vous vivez mérite d'être entendu. Si vous traversez cette période de doute, sachez qu'il est possible d'en parler dans un cadre bienveillant, confidentiel et sans jugement.
Si cet article a mis des mots sur quelque chose que vous vivez actuellement, vous n'avez pas à porter cela seul·e. Je vous accueille dans mon cabinet à Thiant, près de Valenciennes, pour un accompagnement individuel ou en couple, dans un cadre confidentiel et sans jugement.
Je suis Marina Wallet, sexothérapeute et thérapeute de couple à Thiant (59224), près de Valenciennes. J'accompagne les personnes et les couples qui souhaitent mieux comprendre ce qu'ils vivent, retrouver du sens dans leur relation et avancer avec davantage de clarté.