La question du plaisir est rarement aussi simple qu’elle en a l’air. Dans l’intimité, il peut arriver de ne pas ressentir ce que l’on “devrait”, ou de ne pas réussir à l’exprimer. Certaines personnes choisissent alors de faire semblant. Pas par envie de tromper l’autre, mais souvent pour éviter un malaise ou une incompréhension. Et avec le temps, cela peut devenir pesant.
“Je fais semblant… pour que ça se passe bien”
Au départ, cela peut sembler anodin : un moment où l’on n’est pas totalement présent·e, une envie de ne pas casser l’élan, ou encore le souci de ne pas blesser l’autre. Alors, on fait semblant pour que l’autre se sente rassuré·e, pour éviter d’expliquer ou pour que le moment se termine “correctement”. Et sur le moment, cela peut fonctionner.
Quand faire semblant devient épuisant
Ce qui était ponctuel peut s’installer : faire semblant demande de rester attentif·ve à l’autre, tout en se coupant de ce que l’on ressent réellement. Avec le temps, cela peut entraîner :
– une fatigue émotionnelle
– une perte de repères dans ses propres sensations
– une distance dans le lien
– une forme de pression à “assurer”
Et parfois, une question qui revient : “Pourquoi je n’arrive pas à ressentir, alors que je devrais ?”
Ce n’est pas seulement une question de sexualité
Faire semblant ne concerne pas uniquement le plaisir. Cela peut être lié à :
– une difficulté à exprimer ses besoins
– une peur de décevoir
– une adaptation à l’autre
– une gêne à parler de sexualité
Dans certains cas, cela s’inscrit dans une dynamique plus large (par exemple une difficulté à prendre sa place, à dire non, ou encore à se connecter à ses ressentis).
“J’aimerais arrêter… mais je ne sais pas comment”
Arrêter de faire semblant peut sembler évident. Dans la réalité, c’est souvent plus complexe, parce que cela implique de se reconnecter à ses sensations, d’accepter de ne pas toujours répondre aux attentes, ou encore de mettre des mots sur ce qui est difficile à dire. Et cela ne se fait pas toujours seul·e.
On peut comprendre ce qui se joue, et continuer malgré tout à reproduire les mêmes schémas. Non pas par manque de volonté,
mais parce que certaines dynamiques sont déjà installées. Mettre des mots, prendre du recul, comprendre ce qui se joue dans un cadre adapté permet souvent de retrouver une relation plus juste à soi… et à l’autre.
Faire semblant d’avoir du plaisir n’est pas rare. Ce n’est pas un “problème” en soi, mais le signal pour dire qu'il y a un décalage entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre. Comprendre ce décalage permet progressivement de retrouver quelque chose de plus authentique, car cela peut finir par créer une forme de fatigue, voire de distance dans la relation.
Et c’est souvent à ce moment-là que certaines personnes choisissent d’en parler !
Si vous souhaitez faire le point sur votre situation, vous pouvez consulter cette page dédiée à l’accompagnement.