Je n’ai plus de désir : pourquoi ma libido a-t-elle disparu alors que j’aime encore mon partenaire ?

Publié le 9 octobre 2026 à 13:20

Vous aimez votre partenaire, vous êtes attachée à lui. Vous appréciez sa présence, votre quotidien, votre complicité. Et pourtant, lorsqu’il est question de sexualité, quelque chose ne répond plus : vous n’avez plus envie (ou beaucoup moins qu’avant). Et forcément, une question finit par apparaître : « Si je ne le désire plus, est-ce que cela veut dire que je ne l’aime plus ? » Pas forcément !  Parce que l’amour et le désir ne fonctionnent pas de la même manière : on peut aimer quelqu’un profondément et traverser une période durant laquelle le désir sexuel diminue, voire disparaît presque complètement. Et avant de remettre toute la relation en question, il peut être utile de comprendre ce qui se passe réellement.

Baisse de libido : de quoi parle-t-on vraiment ?

La libido désigne l’intérêt ou l’envie sexuelle. Mais contrairement à ce que l’on imagine parfois, elle n’est pas stable. Elle peut varier selon les périodes de la vie, le contexte, la santé, le niveau de fatigue, le stress, les hormones, les médicaments ou encore la relation de couple. Il n’existe donc pas un « bon niveau » de désir que tout le monde devrait avoir. Certaines personnes ressentent fréquemment du désir, d’autres beaucoup moins. Ce qui devient important, c’est surtout lorsque le changement vous fait souffrir, crée des tensions dans le couple ou vous donne l’impression de ne plus vous reconnaître. Une baisse de libido peut être temporaire ou peut s’installer progressivement. Parfois, la personne ne s’en rend réellement compte que lorsque son ou sa partenaire commence à poser des questions.

Peut-on aimer son partenaire sans le désirer ?

Oui ! Et c’est probablement l’une des confusions les plus fréquentes autour de la sexualité. On imagine souvent : amour = désir. Donc si le désir baisse, on conclut : « Il doit y avoir un problème dans mes sentiments. » Mais les choses sont rarement aussi simples. Le désir sexuel est influencé par de nombreux facteurs ! Vous pouvez aimer votre partenaire et être épuisée, ou l’aimer et traverser une période de stress. Vous pouvez également l’aimer mais avoir accumulé de la colère ou de la frustration.

Vous pouvez l’aimer et ne plus vous sentir bien dans votre corps, ou l’aimer tout en ayant une sexualité devenue prévisible, inconfortable ou trop chargée d’attentes. La vraie question n’est donc pas toujours : « Est-ce que je l’aime encore ? » Elle peut être : « Qu’est-ce qui a changé dans mon désir ? » Et cette question ouvre beaucoup plus de pistes.

Pourquoi peut-on perdre son désir ?

Il n’existe pas une seule cause de baisse de libido. Souvent, plusieurs éléments se superposent. Par exemple :

  • la fatigue ;
  • le stress ;

  • l’anxiété ;

  • certaines difficultés de santé ;

  • certaines modifications hormonales ;

  • certains médicaments ;

  • une image corporelle fragilisée ;

  • des rapports douloureux ou peu satisfaisants ;

  • des tensions relationnelles ;

  • une charge mentale importante ;

  • une sexualité vécue comme une obligation.

Les données médicales disponibles montrent également que le désir peut être influencé par des facteurs physiques, psychologiques, contextuels et relationnels. C’est pour cela qu’une baisse de libido mérite rarement une explication unique du type : « C’est hormonal. » ou « C’est parce que je ne l’aime plus. ». Le désir est généralement plus complexe que cela.

Vous vous reconnaissez dans cette baisse de désir ?

La sexothérapie peut permettre de comprendre ce qui freine actuellement votre désir et de sortir d’une logique de pression ou de culpabilité.

Quand la fatigue et la charge mentale prennent toute la place

Le désir a besoin d’un minimum de disponibilité. Pas forcément d’un bain moussant et de pétales de roses — heureusement, sinon l’humanité serait en difficulté — mais au moins d’un peu d’espace mental. Or, lorsqu’une personne passe sa journée à penser aux enfants, au travail, aux rendez-vous, aux courses, à ce qu’il reste à faire, à ce qu’elle a oublié, à ce qu’elle devra gérer demain… il peut devenir très difficile de passer soudainement à : « Maintenant, j’ai envie d’être disponible sexuellement. » Le corps est peut-être au lit, mais la tête est encore dans la liste des tâches. Et ce n’est pas forcément un problème de couple. C’est parfois simplement un système qui est déjà saturé.

Quand la relation de couple influence la libido

Parfois, la baisse de désir parle aussi de ce qui se passe dans la relation. Pas nécessairement d’un manque d’amour, mais peut-être d’un sentiment de ne plus être écoutée, d’une accumulation de petites rancœurs, d’une répartition du quotidien vécue comme injuste, d’un manque de tendresse, d’une difficulté à communiquer, ou d’une sexualité qui ne répond plus vraiment à vos

besoins. Il peut être difficile de ressentir du désir pour quelqu’un envers qui l’on ressent constamment de la colère ou de la frustration. Et pourtant, cela ne veut pas forcément dire que le couple est terminé. Cela peut simplement indiquer qu’avant de travailler uniquement sur la sexualité, il faut parfois regarder ce qui se passe autour d’elle.

Ce que j’observe en consultation

Quand une personne me dit « Je n’ai plus de libido », je ne commence pas forcément par chercher comment « relancer » son désir. Je cherche d’abord à comprendre ce qu’il raconte. Quand a-t-il changé ? Que se passait-il à ce moment-là ? Comment se passent les rapports aujourd’hui ? Y a-t-il encore du plaisir ? De la tendresse ? De la frustration ? Des douleurs ? De la fatigue ? Le désir est-il absent partout ou uniquement avec le partenaire ? Est-ce une absence d’envie… ou une absence d’envie de la sexualité telle qu’elle est vécue actuellement ? Cette distinction est essentielle, parce qu’on ne travaille pas de la même manière une fatigue généralisée, une difficulté relationnelle, une sexualité insatisfaisante ou une douleur. Il n’existe donc pas une recette pour « retrouver sa libido ». Il faut d’abord comprendre ce qui l’a mise en retrait.

Quand consulter pour une baisse de libido ?

Il peut être utile de se faire accompagner lorsque :

  • votre baisse de désir vous fait souffrir ;

  • elle dure et vous inquiète ;

  • elle crée des conflits dans votre couple ;

  • vous vous forcez régulièrement à avoir des rapports ;

  • vous ne comprenez plus ce qui vous donne envie ;

  • vous ressentez de l’appréhension face à la sexualité ;

  • vous avez l’impression d’aimer votre partenaire mais de ne plus le désirer ;

  • vous souhaitez retrouver une sexualité qui vous corresponde davantage.

Il est également important d’en parler à un professionnel de santé lorsque la baisse de libido est brutale, persistante, associée à des douleurs, à d’autres symptômes physiques ou lorsqu’elle peut être liée à un traitement médicamenteux. Certaines pathologies et certains médicaments peuvent effectivement influencer le désir sexuel. La sexothérapie ne remplace donc pas une évaluation médicale lorsque celle-ci est nécessaire, elle peut en revanche permettre de travailler sur tout ce qui concerne le désir, le vécu sexuel, les représentations, la relation au corps et la dynamique de couple.

Vous ne savez plus ce qui a changé dans votre désir ?

Nous pouvons prendre le temps d’identifier ensemble ce qui freine votre libido et ce dont vous avez besoin aujourd’hui pour retrouver une sexualité plus libre.

Retrouver du désir ne signifie pas se forcer à avoir plus de rapports

C’est probablement le message que j’aimerais laisser ici. Retrouver sa libido ne consiste pas forcément à atteindre un certain nombre de rapports par semaine. Il ne s’agit pas non plus de redevenir « comme avant », peut-être plutôt s’agir de redécouvrir ce qui vous attire, ce qui vous donne du plaisir, ce qui vous coupe toute envie, ce dont votre corps a besoin, ce que vous voulez garder et ce que vous ne voulez plus. Le désir n’a pas toujours besoin qu’on le force. Parfois, il a surtout besoin qu’on recommence à l’écouter.

Est-il normal d’avoir moins de libido pendant certaines périodes ?

Oui. Le désir sexuel peut fluctuer selon la fatigue, le stress, la santé, les hormones, les médicaments, le contexte de vie et la relation.

Ne plus désirer son partenaire signifie-t-il qu’on ne l’aime plus ?

Non. Une baisse de désir ne permet pas, à elle seule, de conclure à une disparition des sentiments.

La charge mentale peut-elle faire baisser le désir ?

Elle peut y contribuer. Une surcharge mentale et émotionnelle réduit souvent la disponibilité nécessaire à l’émergence du désir.

Est-ce une bonne idée de se forcer pour préserver son couple ?

Se forcer régulièrement peut renforcer l’association entre sexualité et obligation et contribuer à augmenter l’évitement ou l’appréhension.

Retrouver une sexualité qui vous ressemble

Ne plus avoir envie aujourd’hui ne dit pas forcément ce que vous ressentirez demain. Et cela ne résume pas non plus votre relation. Avant de conclure « Je ne l’aime plus », il peut être utile de comprendre ce qui s’est passé entre votre désir d’avant et celui d’aujourd’hui.

Je vous accompagne en sexothérapie à Thiant, près de Valenciennes, pour travailler autour de la baisse de désir, de la libido, du plaisir et de la vie intime.